Nous, femmes et hommes journalistes des médias publics et privés, journalistes indépendants de la presse écrite, de l’audiovisuel et de presse électronique, tenons à faire part à l’opinion publique de notre position sur la situation de la presse aujourd’hui, à l’ombre des pressions et contraintes imposées aux institutions médiatiques qui empêchent les journalistes d’accomplir leur devoir professionnel et d’assurer le service public conformément aux usages et aux critères professionnels consacrés par la déontologie de la presse.

Nous, un groupe de journalistes, nous sommes réunis le 09 novembre 2019, pour tirer la sonnette d’alarme sur l’état de la presse algérienne. Nous exprimons notre grande inquiétude et condamnons avec vigueur l’escalade des atteintes graves aux femmes et aux hommes de la profession et du harcèlement systématique des médias dans les secteurs public et privé et contre la presse électronique.

Nous considérons que l’arrestation de trois journalistes: Sofiane Merrakchi, Abdelmonji Khelladi et Azeb El Cheikh, leur emprisonnement, les placements sous contrôle judiciaire et les interdictions de sortie du territoire national imposés à Khelaf Benhadda Saïd Boudour et Adlène Mellah entre-autres, sont liés à leur engagement professionnel en relation avec la chose publique et que cela constitue une forme d’assujettissement et d’intimidation.

Nous condamnons également avec force les pratiques répressives subies par les journalistes dans les médias publics et privés, comme l’interdiction qui leur est faite de couvrir les évènements importants qui se déroulent dans le pays, ce qui constitue une atteinte flagrante à la liberté d’expression en Algérie.

Nous prenons à témoin l’opinion que nous, femmes et hommes journalistes Algériens, sommes engagés à accomplir notre mission de manière professionnelle et équilibrée et que nous sommes empêchés, dans divers médias, de faire notre travail dans le respect des exigences de la déontologie de la profession.

Nous exigeons du pouvoir de cesser d’imposer la censure aux médias publics et privés et de porter atteinte aux libertés médiatiques afin de garantir le droit du citoyen à une information objective et neutre.

Nous appelons les professionnels des secteurs public et privé à être solidaires pour défendre leur liberté et leur noble profession, objet, une fois de plus, de violations flagrantes.

La pratique du journalisme dans la liberté et l’objectivité est l’un des fondements des sociétés modernes équilibrées, elles est une impérieuse nécessité pour le pays et pour les citoyens.

L’Algérie traverse une séquence historique que les médias et les journalistes doivent accompagner par un plus grand professionnalisme et la liberté en est l’une des conditions fondamentales.

Notre mot d’ordre a été et demeure, “le journalisme n’est pas un crime”, mais un service national garantissant le droit du citoyen à une information objective.

Nous annonçons notre intention d’initier des démarches collectives avec la participation de tous les journalistes engagés en terme professionnel et sur les questions essentielles en relation avec les libertés fondamentales et les droits constitutionnels et démocratiques en défense de la profession contre les pressions exercées contre les journalistes.

Nous appelons tous les journalistes engagés à participer à cet effort collectif en fidélité à la mémoire des journalistes qui se sont battus et donné leurs vies pour la liberté de la presse.

Nous appelons les institutions de la société civile et tous les Algériens engagés pour le respect des droits fondamentaux, des libertés et de la démocratie à soutenir les journalistes et à les aider à atteindre cet objectif national et démocratique.


Alger le 09 novembre 2019