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L‘astronaute Thomas Pesquet a conclu mardi avec succès sa deuxième mission spatiale, après un amerrissage réussi au large des côtes de Floride, et fait route pour l’Europe où l’attend une longue période de réadaptation à la gravité terrestre.

Huit heures après s’être désamarrée de la Station spatiale internationale à 400 km d’altitude, la capsule Dragon de SpaceX, qui transportait trois autres astronautes (deux Américains et un Japonais), a opéré une vertigineuse descente vers la Terre, freinée par l’atmosphère puis par d’immenses parachutes. Elle a amerri en douceur dans le Golfe du Mexique à 03H33 GMT mardi, soit à l’aube en France.

Roussie par les températures extrêmes expérimentées durant sa chute, elle a été hissée à l’aide d’une grue sur un navire posté en mer à proximité. L’écoutille de Dragon a été ouverte, et les premières images de Thomas Pesquet l’ont montré, encore assis à bord dans sa combinaison spatiale, brandir un pouce en l’air.

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Les astronautes en ont ensuite été extraits un par un, Thomas Pesquet en dernier. Comme les autres, il a d’abord été placé sur un brancard par mesure de précaution.

« Thomas semblait en bonne forme », s’est félicité auprès de l’AFP Josef Aschbacher, le directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui a recruté le Français en 2009. « Notre médecin et nos assistants qui l’ont accueilli nous ont dit que tout allait très bien », a ajouté Philippe Willekens, directeur de la communication de l’ESA.

– « Carton plein » –

C’est la première fois qu’un astronaute européen rentrait sur Terre par amerrissage. Au retour de sa première mission en 2017, Thomas Pesquet avait atterri dans les steppes du Kazakhstan avec le Soyouz russe.

Pour cette deuxième mission, baptisée Alpha, il a passé 199 jours en apesanteur, au cours desquels il a mené plus de 200 expériences scientifiques. A 43 ans, « il a cumulé « 400 jours dans l’ISS, 40 heures de sorties extravéhiculaires », a souligné M. Aschbacher, saluant « l’immense succès » de cette mission, tant sur le plan scientifique qu’en termes de communication.

« On est sur un carton plein! Je ne peux que souligner l’impact médiatique positif que sa mission a eu chez les jeunes », s’est réjoui Philippe Willekens de l’ESA. « L’effet Pesquet » a selon lui clairement joué sur l’explosion des candidatures françaises reçues à l’agence spatiale pour la campagne 2021 de recrutement des futurs astronautes.

Avec ses nombreuses photos de la Terre prises depuis la coupole d’observation de l’ISS, largement partagées sur les réseaux sociaux, Thomas Pesquet « a éveillé en nous cette part de rêve, de poésie et d’inaltérable optimisme qui font partie de l’aventure spatiale », s’est réjoui pour sa part Philippe Baptiste, le président du CNES (l’agence spatiale française) qui a suivi près de la moitié des expériences opérées en orbite.

« Une fierté d’avoir représenté la France une nouvelle fois dans l’espace! », avait tweeté Thomas Pesquet peu avant de quitter l’ISS. « La prochaine fois, la Lune? », avait-il lancé.

« Nous souhaitons que nos astronautes les plus expérimentés, qui ont déjà effectué deux vols et ont été commandants de bord (comme Thomas Pesquet, NDLR), puissent mener à bien la suite de l’aventure spatiale, à savoir la conquête de la Lune », a répondu Philippe Willekens. La décision de qui sera le prochain Européen à orbiter autour de la Lune, voire à fouler son sol, n’est en tout cas pas encore prise.

– Avion médicalisé –

En attendant, Thomas Pesquet va devoir se réhabituer à la gravité terrestre après six mois à flotter en micro-gravité.

Après une brève halte au centre spatial de Houston, il a dit au revoir à ses co-équipiers japonais Akihiko Hoshide et américains Shane Kimbrough et Megan McArthur, pour s’envoler vers l’Allemagne à bord d’un avion d’un avion médicalisé affrété par l’Armée française. Il doit arriver aux alentours de 20H00 GMT à Cologne, où se trouve le Centre européen des astronautes.

Il y sera pris en charge directement par le « Envihab », structure dédiée à la réadaptation à la gravité terrestre. Sa période de réhabilitation physique doit durer trois semaines, mais ne l’empêchera pas de voir ses proches.

Puis l’astronaute prendra enfin un peu de vacances. Les premières « depuis de nombreux mois », avait-il dit vendredi lors d’une conférence de presse. « J’ai même l’impression que ça fait des années », avait-il ajouté, qualifiant la mission écoulée de « très, très intense ».

Crew-2 est la deuxième mission régulière assurée par SpaceX pour le compte de la Nasa. L’entreprise d’Elon Musk a permis à l’agence spatiale de reprendre les vols depuis le sol américain, après l’arrêt des navettes spatiales en 2011.

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