Huawei Technologies va repousser de trois mois le lancement mondial de son smartphone Mate X doté d’un écran pliable, dernier revers en date pour le groupe chinois frappé de sanctions américaines.

Le Mate X devrait être lancé au niveau mondial en septembre, a déclaré vendredi Vincent Pang, vice-président de Huawei, en marge de la conférence WSJ Tech D.Live à Hong Kong.

Ce smartphone, vendu 2.600 dollars (2.280 euros) et compatible avec les réseaux de cinquième génération (5G), a été présenté en février dernier au Mobile World Congress de Barcelone, le principal salon du secteur. Il devait initialement être commercialisé ce mois-ci.

Equipé d’un écran de 8 pouces pouvant se plier en deux, le Mate X est en concurrence avec le Galaxy Fold de Samsung Electronics, dont le lancement a également été suspendu sine die après la publication par plusieurs médias de résultats de tests faisant état de dysfonctionnements après seulement un jour ou deux d’utilisation.

Le groupe chinois, premier équipementier télécoms mondial et deuxième fabricant au monde de smartphones, a expliqué le report du lancement du Mate X par la nécessité de procéder à des tests de certification avec différents opérateurs télécoms qui devraient s’achever en août.

Les Etats-Unis ont cependant placé le 16 mai le groupe chinois sur une liste noire qui lui interdit d’acheter des produits comportant au moins 25% de composants issus d’une technologie ou de matériaux américains. Washington pense que Pékin pourrait se servir de Huawei à des fins d’espionnage, des accusations que ce dernier rejette.

Les sanctions américaines empêchent Huawei de travailler notamment avec Alphabet, la maison mère de Google, dont le système d’exploitation Android équipe la plupart des smartphones, y compris ceux du groupe chinois.

Huawei a cependant déclaré à Reuters que le report du lancement du Mate X n’avait rien à voir avec ces sanctions.

Le groupe chinois a demandé l’enregistrement de son système d’exploitation “Hongmeng” en Europe et dans au moins neuf autres pays, montrent les données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Vincent Peng a déclaré vendredi que Hongmeng, un système basé sur la version “open source” (gratuit et modifiable) d’Android, était en cours de test et pourrait être utilisé à la place du système de Google.

“Nous préférerons bien sûr Google et Android, car nous sommes partenaires depuis de nombreuses années. Mais si les circonstances nous y obligent, nous pouvons déployer Hongmeng dans six à neuf mois”, a-t-il dit.