Guéri du coronavirus, le journaliste Akram Kharief, fondateur du site Mena Defense, a raconté à travers un post, intitulé « Ma petite expérience contre un méchant virus », publié sur sa page Facebook, comment il a vaincu la maladie. 

« J’ai hésité à écrire ce texte car dès le départ j’avais choisi de ne pas en parler. Dans cette ambiance tendue et bizarre, je ne voulais pas spécialement de compassion ou de soutien encore moins de déranger mes amis ou rameuter des curieux. Néanmoins, j’ai décidé d’écrire mon expérience car la chose qui m’a le plus affectée, c’est d’être dans le brouillard, ne pas avoir de références, malgré les centaines d’articles lus, sur ce que je pouvais avoir et sur comment cela allait évoluer.

J’ai eu deux témoignages d’amis qui ont vécu la chose et qui m’ont permis de me fixer un cap et d’ajuster mes forces pour ce qui a été un petit combat contre un ennemi très vicieux et retors. Mon témoignage n’est pas scientifique, je ne suis pas médecin, il ne constitue pas un protocole thérapeutique ou préventif, c’est juste une description des deux semaines que j’ai vécues avec le Covid.

Il est dur de dire que ce virus ressemble à la grippe, dans mon cas ça a duré 14 jours. Les trois premiers ont été perturbants à cause des très fortes céphalées que j’ai eu. Migraineux, je suis addict à l’Ibuprofène et j’ai réellement été tenté d’en prendre, mais j’ai résisté, ça m’a probablement sauvé la vie. A partir du quatrième jour, arrêt des céphalées de manière subite, le virus a compris que je n’allais pas prendre d’anti-inflammatoires et qu’il allait s’occuper de moi autrement.

Pendant mes grosses fièvres, j’imaginais physiquement, le virus comme une petite créature insaisissable munie d’un canif que je pourrais écraser simplement si je l’attrapais ou l’envoyer valdinguer de l’autre côté de la mer si je pouvais lui ajuster un bon coup de pied dans la gueule. Vous pouvez l’imaginer comme un Gremlin, je l’imagine comme dans l’image en bas.

Quatrième jour donc, le virus décide de s’installer dans mes voies respiratoires, je sens l’inflammation de mes bronches et j’ai l’impression que mes poumons tournent dans le vide. Je n’ai pas de difficultés à respirer et je tousse un peu. Très rapidement, je passe de toux sèche à toux grasse, j’alterne antitussif et expectorant, c’est là que je comprends que le virus cherche ça. Que je me bourre de sirops qui bloquent les processus de défense de mon corps et j’arrête toute médication à partir du cinquième jour. Je garde uniquement quatre grammes de doliprane et de la vitamine C. Entre-temps la fièvre s’installe et avec elle les courbatures, les hallucinations, la fatigue.

Le sixième jour je lis qu’un ami a eu le Covid et qu’il se porte mieux, je lui laisse deux jours et je l’appel, il sera d’une grande aide pour moi. Oui j’étais sur les réseaux sociaux, ça m’occupais un peu et ça me permettait de voir le débat idiot sur le Chloroquine, idiot car des profanes en arrivaient aux insultes car incapables de valider scientifiquement leurs arguments.

C’est à ce moment où j’ai commencé à penser à l’hospitalisation. Même si je ne guérissais pas, je respirais assez bien et je ne me sentais pas sombrer, je me suis dit que le mieux était de me renseigner sur les services des urgences les plus proches en cas de dégradation rapide et rester à la maison.

Ce jour là, le sixième, je me suis senti bien, la pression que j’avais dans ma poitrine avait diminuée et je respirais comme à la montagne, je ne comprenais pas que ce petit salopard de virus avait désactivé mon odorat puis mon gout. Je m’en suis rendu compte en ne sentant plus le désinfectant. A partir de ce moment le Covid s’est déchaîné et a commencé à tester mes organes à la recherche de maladies ou de brèches. J’ai eu des courbatures, des douleurs au foie et aux reins, la diarrhée, je n’arrivais plus à manger à cause de la nausée, car quand on a perdu le goût et l’odorat, on n’a plus que les textures comme sensations et je vous assure que c’est dégueulasse.

Vers le 9e jour j’ai découvert la vitamine C en poudre, très efficace pour ne pas couler physiquement.

Je suis resté dans cet état jusqu’au 13e jour, ce jour-là je me suis senti ….. grippé, ce qui m’a surpris. J’étais malade mais pas mal, j’avais plus de fièvre, je ne sentais plus la pression, le petit salopard allait me dire au revoir.
Il me l’a dit en me collant son dernier 38° de fièvre cette nuit-là et une interminable quinte de toux.
Le lendemain j’allais mieux.

Mes meilleurs amis pendant cette épreuve, en plus de ceux qui se sont très bien occupé de moi et ceux qui m’ont conseillé, ce sont : Le Doliprane 1000 à raison de quatre comprimés par jour, l’eau à volonté, les tisanes au miel à volonté, la vitamine C en poudre à raison de 4 grammes par jour, la Ventoline quand la respiration est difficiles.

Les ennemis sont : la peur, la douleur, les médicaments (ne touchez surtout pas aux médicaments en dehors de ceux que j’ai donné et aux dosages que j’ai donné, même pour déboucher votre nez ou pour la toux), la nourriture, ne mangez pas beaucoup.
Mes conseils, si vous êtes grand fumeurs ou si vous avez une maladie chronique, si vous êtes faible, demandez à être hospitalisé, mais faites attention à ne pas infecter les autres, surtout le personnel soignant, allez-y au moins en bavette.

Mais mon plus grand conseil, ne sortez-pas, si vous êtes obligé de le faire mettez une bavette et des lunettes au moins pour ne pas postillonner et pour casser l’habitude de vous toucher le visage, lavez-vous les mains en rentrant, soyez organisés mais pas malades et ne pensez-pas trop à la maladie.

Ah j’ai oublié, mangez équilibré, vous pouvez vivre sans pain et sans sucre ce n’est pas la mort. Les fumeurs, les buveurs, les accrocs au sucre ou au gazouz, c’est une très bonne occasion de diminuer ou d’arrêter. Je remercie les médecins de mon entourage qui m’ont soutenu et conseillé et je souhaite un bon rétablissement aux malades, vous allez y arriver ».