La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a critiqué vendredi les pays profitant de la crise sanitaire pour arrêter des journalistes et museler les médias indépendants, estimant qu’une information libre était cruciale dans la lutte contre la pandémie.

« Des médias libres sont toujours essentiels, mais nous n’en n’avons jamais eu autant besoin que durant cette pandémie, alors que tant de personnes sont isolées et craignent pour leur santé et leurs moyens d’existence », a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué.

« Une information crédible, fiable est une ligne de vie pour nous tous », a-t-elle ajouté, en citant l’organisation International Press Institute (IPI) selon laquelle 130 cas d’atteinte aux droits de la presse ont été recensés dans le monde depuis l’apparition de l’épidémie en Chine fin 2019.

Il s’agit notamment de mesures de censure, de limitation de l’accès à l’information et de dispositions légales contre la désinformation jugées excessives.

Près de 40 journalistes ont été arrêtés ou poursuivis pour avoir mis en cause la gestion de la pandémie par leurs pays ou le bilan officiel du nombre de cas et de décès, des journalistes ont disparu et des médias ont été fermés. Par ailleurs le haut-commissariat a regretté que les déclarations de certains dirigeants « aient nourri un contexte hostile » à l’égard des journalistes, mettant en danger leur sécurité et dégradant leurs conditions de travail.

Le porte-parole du haut-commissariat, Rupert Colville, a en particulier pointé du doigt le président américain Donald Trump, qui porte des attaques frontales contre des journalistes lors de sa conférence de presse quotidienne sur la pandémie.

« C’est une tendance inquiétante de voir des médias d’information sérieux attaqués comme ça », a-t-il dit lors d’une conférence de presse virtuelle.