Les Etats devraient encadrer plus strictement l’utilisation des données personnelles des internautes, à l’image des réglementations encadrant les secteurs des transports ou de l’agroalimentaire, a affirmé mardi le lanceur d’alerte à l’origine du scandale de Cambridge Analytica.

« Pourquoi nous sentons-nous en sécurité lorsque nous allons chez le docteur, quand nous allons au supermarché ou lorsque nous montons à bord d’un avion? Parce qu’il y a des règles », a déclaré Christopher Wylie au salon des entrepreneurs du numérique Web Summit.

« Pourquoi pouvons nous encadrer la production d’énergie nucléaire mais pas la programmation informatique? », a souligné l’ancien directeur de recherches à Cambridge Analytica, l’entreprise accusée d’avoir exploité à leur insu les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook à des fins politiques, notamment pour faire gagner le Brexit au Royaume-Uni et Donald Trump à la présidentielle en 2016.

Christopher Wylie, âgé de 29 ans, a estimé que sa profession devrait être régulée, comme c’est le cas pour les médecins, les infirmiers ou les enseignants.

« Comment se fait-il qu’en tant que scientifiques des données nous n’ayons pas à tenir compte des implications éthiques et morales de ce que nous faisons? C’est absurde », a-t-il insisté.

Lors de l’ouverture du Web Summit, rendez-vous annuel des start-ups où sont attendus près de 70.000 personnes jusqu’à vendredi, le pionnier du web Tim Berners-Lee a lancé un appel en faveur d’un nouveau « contrat pour le web », pour rendre internet « sûr et accessible » à tous.

« Beaucoup de choses ont mal tourné… Nous avons des +fake news+, des problèmes de respect de la vie privée, des personnes qui sont manipulées », a regretté lundi soir le physicien britannique qui avait imaginé en 1989 un « système de gestion décentralisée de l’information », devenu l’acte de naissance du « web ».

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