Le procès de Google s’ouvre ce mardi devant la justice fédérale à Washington, les autorités américaines accusant le groupe d’avoir contourné les règles de la concurrence pour s’assurer une situation quasi monopolistique sur les recherches sur internet.

Le département de la Justice devrait détailler comment Google a versé des milliards de dollars chaque année à des fabricants d’appareils connectés, comme Apple, des opérateurs mobiles comme AT&T ou des concepteurs de navigateurs comme Mozilla pour s’assurer que son moteur de recherche soit privilégié.

La défense de Google est simple : la compagnie assure que sa position dominante sur le marché est uniquement due au fait que son moteur de recherche est plus rapide et plus efficace que ceux de ses compétiteurs. Et qu’il est gratuit.

Les avocats du géant des technologies entendent mettre en avant pendant le procès le fait que les consommateurs sont libres de supprimer l’application Google de leur appareil mobile, ou d’opter pour un moteur de recherche alternatif, comme Bing de Microsoft, Yahoo ou DuckDuckGo. Ils vont soutenir que s’ils ne le font pas, c’est parce qu’ils sont satisfaits des prestations de Google.

Le procès devrait durer dix semaines et se décomposera en deux phases.

Pendant la première, le juge Amit Mehta devra déterminer si Google a violé les lois « antitrust » dans sa gestion des recherches et de la publicité liée aux recherches.

S’il juge Google coupable de pratiques anticoncurrentielles, le magistrat devra ensuite décider du meilleur moyen d’y mettre fin, soit simplement en ordonnant à la compagnie de renoncer à ces pratiques, soit en ordonnant à Google de vendre une partie de ses activités.

C’est la piste qui semble privilégiée par l’administration Biden, qui estime dans sa plainte qu’un « allègement structurel » est sans doute nécessaire, sans en préciser la nature.

L’issue du procès pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’ensemble des « Big Tech », les géants des technologies qui sont tous accusés à des degrés divers d’étouffer ou de racheter leurs concurrents plus petits, mais qui ont échappé jusqu’ici aux sanctions parce qu’ils fournissent des services gratuits – comme Google – ou très peu chers – comme Amazon – aux consommateurs.