L’industrie de l’électroménager et de l’électronique nationale est frappée de plein fouet par la crise. Et celle-ci pourra durer encore si des mesures ne seront pas lancées à l’avenir. Le cas d’ENIEM (l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager) est le plus édifiant.

L’entreprise publique s’est enfoncée dans une grave situation, ce qui a poussé l’État à intervenir en lui accordant un premier crédit de 1,1 milliard de dinars. Un diagnostic de la situation de la filière a été établi, ce lundi 3 février, par Mohamed Cherif Benmihoub, analyste et professeur d’économie.

Intervenant sur l’émission « Invité de la Rédaction » de la chaîne III de la Radio nationale, M. Benmihoub a affirmé d’emblée que la crise est due aux « années de mauvaise gestion et d’absence de stratégie industrielle ».

Pour l’analyste, la crise qui a touché plusieurs secteurs remonte à l’année 2014. « La crise a été prévue depuis l’année 2014 sans que les mesures nécessaires soient prises et les dispositions nécessaires n’étaient pas lancées », a-t-il déploré.

« Aujourd’hui, on commence à voir de visu les conséquences de cette dégradation économique par la mise en chômage de milliers de travailleurs. Nous craindrons que cette situation se dégrade d’avantage parce que la situation est générée directement par la vingtaine d’années de gestion approximative de l’industrie », a-t-il fait constater.

Il a déploré durant les deux dernières décennies l’absence de stratégie pour construire des filières industrielles. Évoquant la filière de l’industrie électroménagère, l’invité de la chaîne III a affirmé que durant les vingt dernières années existaient des acteurs dans le secteur auxquels des avantages ont été accordés dans le cadre du dispositif d’importation des kits SKD CKD, estimant que tous les pays du monde ont commencé par le montage. Il a déploré l’absence d’un suivi périodique de cette industrie.

  1. Benmihoub a cité également un autre élément ayant accentué la crise de la filière de l’industrie électroménagère. Il s’agit de la décision de limiter les importations, décidée par le gouvernement précédent, à travers la mise en place de la note ABEF (Association des banques et des établissements financiers) qui imposait des contraintes très sévères aux opérateurs en leur exigeant d’obtenir un crédit de neuf à douze mois.

Déplorant l’absence d’une politique industrielle en Algérie, l’intervenant a affirmé que toutes ces « décisions irréfléchies », estimant aussi les démarches administratives de processus de blocage.

L’invité de la chaîne III a affirmé que le montage est le début d’une industrialisation d’une filière. Il a indiqué au sujet de la filière électroménagère et électronique qu’il y’a des taux d’intégration dans cette industrie qui peuvent atteindre 70% concernant certains produits, par exemple les machines à laver et 30% pour les téléviseurs.

Pour ce qui est de solutions visant à booster le secteur, M. Benmihoub a mis en exergue la nécessité de différencier entre les entreprises, en imposant les taux d’impositions selon les taux d’intégration. « C’est comme qu’on incite les entreprises à augmenter les niveaux d’intégration », a-t-il affirmé.