Dans cet entretien accordé à Ntic-dz.com, Adel Abderrahmane Khalef, expert en TIC et monétique, et il est aussi président de «Algérie Advice Consulting », cabinet conseil  basé à Londres U.K. et à Alger, spécialisé en TIC, Monétique biométrique & IT, a énuméré les raisons du retard qu’a pris le développement du paiement électronique et mobile en Algérie.

Ntic-dz : Pourquoi le paiement électronique et mobile accuse un grand retard en Algérie ?

Adel Abderrahmane Khalef : La réponse à cette question est très simple. Depuis plus de vingt ans, l’État n’a confié ce chantier stratégique qu’au secteur public et n’a jamais ouvert la porte aux professionnels privés et experts du secteur. Ce choix a pesé de tout son poids sur les projets du secteur, ce qui a mené l’ambition de développer le paiement électronique et mobile en Algérie vers l’échec.

La deuxième raison est la plus grave encore étant que les mêmes acteurs présents dans le secteur public depuis plus de vingt ans sont toujours là et «La SATIM» (Société d’automatisation des transactions Interbancaires et de monétique) en premier lieu.

Résultat : nous sommes en 2020 et nous parlons toujours et encore du lancement de la monétique et de la dématérialisation du cash au profit de la carte de paiement, or, nous avons au moins un retard de 10 ans sur nos voisins et 15 ans sur l’Europe. Le problème de ce retard est dû au facteur humain et non technique.

Aujourd’hui, il faut rattraper le retard et la première chose à faire est d’œuvrer immédiatement et  impérativement à réconcilier l’algérien avec la banque pour qu’il dépose son argent

Pour le faire, il faut lui donner un moyen, une solution, un produit de consommation de masse, faire naître dans sa conscience la culture de « E » et lui donner la possibilité de faire de son téléphone ce qu’un intellectuel romancier fait avec son stylo, c’est à dire tout.

En outre, Il faut sensibiliser l’algérien souplement afin de constituer en lui un esprit de confiance envers les institutions de l’État. Via ce chemin stratégique, le citoyen algérien se souviendra encore une fois que s’il y’a une seule structure dont tout le monde aura quotidiennement  besoin c’est bien la banque. Il faut rendre l’argent technique en écriture bancaire, ce qui permettra, petit à petit, d’oublier l’argent physique. À signaler que ce chantier est entamé en Europe il y’a 25 ans.

Voyez-vous, Il y’a un divorce prononcé entre l’algérien et la banque ; les responsables du secteur financier public n’ont jamais compris cela. Le patriotisme s’applique aussi envers les institutions de l’État et il n’y a pas de raisons pour que l’algérien fasse confiance à un médecin de son pays ou à un pilote d’avion d’Air Algérie et qu’il ne fasse pas confiance à un banquier algérien. Il faut réconcilier l’algérien avec la banque, c’est un travail de psychologue, de méthode, de finesse et une mission de professionnels si vous me permettez de le dire ainsi.

Si les moyens techniques existent, qui est à l’origine de ce retard ?  

L’origine du retard a deux parties : une partie management, d’une part, et une partie commerciale de l’autre.

J’explique d’abord la partie commerciale. Il y’a un manque de compréhension du marché, l’absence de visions et de stratégies, l’absence totale du savoir-faire en termes d’études et d’approches sur le marché algérien qui est un masse market (marché de masse).

De surcroît, aujourd’hui encore, ceux qui sont aux commandes de la monétique en Algérie jouissent toujours du monopole du marché, une aubaine inexistante en Occident depuis 15 ans. En Algérie, les acteurs de la monétique sont seuls sur le marché et malgré ce monopole, ils ont toujours besoin d’avoir un soutien financier de l’État, franchement ils ont réussi le plus dur.

Le facteur humain est primordial pour le développement de la monétique et du paiement électronique, hélas, il a été délaissé au profit de l’excuse technique afin de justifier les dépenses et les d’investissements inutiles et non structurants, des fonds déposés par les banques publiques.

La deuxième raison est déjà évoquée auparavant, c’est la stratégie de l’État qui consiste depuis vingt ans à confier ce projet uniquement au secteur public.

Ainsi, la SATIM a investi bien plus d’une centaine de millions de dollars en toutes acquisitions confondues y compris dans la solution américaine ACI Base 24 payée au prix très fort à raison de plusieurs millions au début des années 2000. Ensuite, il y’a eu la nouvelle version Base 24 EPS, qui est trop coûteuse et pas aussi performante.

La SATIM a refusé d’acheter la nouvelle version, ce qui a poussé l’éditeur du logiciel américain « ACI » de punir la SATIM en leur faisant payer des coûts exorbitants avec les mises à jour pendant des années et qui ont coûté des montagnes d’argent. Tout cela est dû à une mauvaise  gestion et une négociation mal engagée avec les fournisseurs.

Ensuite, il y’a eu la migration récente vers le système proposé par les Russes, à savoir, le  « BPC ». Il s’agit d’une solution de qualité moyenne et très coûteuse et qui leur a été vendue par une société privée qui n’a ni expérience ni maîtrise en monétique.

Le choix est porté par la solution vendue par les Russes « BPC », car simplement la SATIM a voulu s’inspirer et copier le modèle tunisien adopté par la Société de Monétique Tunisienne (SMT) parce que nos voisins tunisiens ont également opté pour la solution russe « BPC ».

Toutefois, la seule différence c’est que la Société de Monétique Tunisienne possède  des professionnels de très haute facture et des experts avérés et mondialement respectés à l’image de Mr. Habib Ben Ali, un professionnel, expert émérite de classe internationale que personnellement j’admire beaucoup.

En parallèle, il y a aussi cette « pathologie » de  la SATIM qui consiste à vouloir tout centraliser vers eux, les  acquisitions des TPE, les  GAB, DAB, cartes bancaires…etc.

Tout devait passer par la SATIM pour le compte des banques publiques ou privées en Algérie. Il s’agir d’une véritable asphyxie du management qui a fait que la SATIM s’est retrouvée submergée et dépassée et il aura fallu lâcher un peu aux banques pour stabiliser le marché.  Une stratégie faussée par beaucoup d’erreurs de management alors qu’il fallait tout simplement laisser les banques elles-mêmes s’équiper directement et ne pas les tenir en otage.

La SATIM doit être un SWITCH, un processing centre, rien d’autre.  Voilà les erreurs stratégiques de l’échec de la monétique en Algérie.

À noter que seule Algérie Poste peut prétendre de faire mieux. À mes yeux, Algérie Poste est le leader et de très loin de la monétique en Algérie, ceci dit, leur Logiciel Core Banking est, toutefois, très vieux. Il est édité par une toute petite société en France qui ne compte qu’un seul employé.

Un logiciel complètement dépassé, heureusement qu’ils ont réussi à récupérer les codes sources, mais je conseille Algérie Poste de passer vite à un logiciel Core Banking plus avancé et apte à porter l’entreprise vers le haut car Algérie Poste est à 40 % de son énorme potentiel.

Trop de dépenses pour rien, trop de maladresse, alors qu’en réalité, la SATIM, qui a pour vocation d’être un switch, processing centre, ne sait toujours pas gagner assez d’argent et d’être auto-suffisante.

La SATIM doit toujours aller demander aux banques algérienne (lesquelles au passage siègent au conseil d’administration de la SATIM) afin de lui injecter des fonds et renflouer sa caisse. Il s’agit là d’un manque flagrant de savoir faire en gestion, alors que normalement, s’il y avait un marché de Mobile banking installé déjà depuis dix années minimum, et étant un switch, la SATIM rien qu’en commissions/transaction nationale et internationale aurait pu générer des millions de dollars au lieu de vouloir toujours continuer à  gagner des miettes comme il le fait aujourd’hui.

Pour remédier à cette situation, Il a fallu faire appel à des docteurs experts spécialistes en TIC et monétique pour dresser une feuille de route et mettre en place un collège d’experts pour gérer ce chantier.

Il fallait s‘occuper du citoyen algérien, de ses besoins, étudier sa mentalité, exploiter sa proximité et accoutumance développée dans les années précédentes envers la téléphonie mobile au début des années 2002-2003 et utiliser cela comme une rampe de lancement pour y glisser les sévices à valeur ajoutée payables avec une carte bancaire, la CIB en l’occurrence.

Ainsi, vous faites naître la fibre psychologique et l’addiction à la carte bancaire dans la tête des Algériens via le smartphone. C’est un travail de culture, de psychologie, de maîtrise ; une denrée totalement absente aujourd’hui.

Pour preuve, il a fallu créer une structure nommée GIE (Groupement d’Intérêt Economique Monétique) depuis des années pour venir masquer l’échec de la SATIM. Résultat : même erreur, même retard ; les faits sont là, jugez en par vous même, seules les actions et résultats comptent, pas les paroles, le constat est là, l’échec est total et sans appel, c’est désolant qu’en 2020, nous parlons encore du projet de lancement de la monétique.

Pour eux, avoir construit la carte CIB, acheté des GAB et  faire des retraits, cela est de la monétique, or, si les gens en place avaient du savoir faire en management, l’Algérie aurait déjà aujourd’hui absorbé 60% de l’argent qui circule dans l’informel. Depuis des années que je tire la sonnette d’alarme, en vain et personne n’écoute.

Combien estimez-vous le manque à gagner pour l’Algérie à cause du retard dans le lancement du paiement électronique ?

Si je prends en compte les scénarios possibles et potentiels de l’Algérie, avec la masse populaire et un parc de 23 à 25 millions d’utilisateurs de smartphones,  aujourd’hui, avec les banques  et toutes les institutions combinées en prestations de services, je dirais qu’en frais, commission et qu’en terme  d’utilisation, le trésor public pourrait engranger jusqu’à 2 milliards de dollars par an, voir plus.

Le paiement électronique pourra-t-il soutenir le marché du travail et quels seront les nouveaux métiers directs ou indirects qui peuvent être générés ?

Le paiement électronique non seulement soutiendra le marché du travail, mais il va en générer des centaines de milliers d’emplois directs. Oui je dis bien « directs », car se sont des postes qui peuvent être crées pour les besoins de la maintenance, le support  technique, le IT development, les ventes et le marketing. C’est énorme ce qui reste à faire et demeure toujours à l’arrêt : c’est affligeant.

Je ne comprends pas comment un pays ne veut pas gagner tellement d’argent hors hydrocarbures.

En dépit d’un timide lancement du paiement électronique par quelques banques et institutions publiques, la monétique est presque inexistante au niveau des établissements financiers et dans d’autres entreprises d’envergure, qu’il est l’impact de cette déficience sur l’économie ?

La réponse est très simple et très courte,  les TIC représentent la troisième révolution industrielle, c’est le levier principal de l’économie mondiale et l’Algérie n’a encore rien fait dans ce registre. Je me permets de dire une chose laquelle peut être dure à entendre pour certains, si l’État continue à recruter que des septuagénaires qui ont une vision en entonnoir dans les postes-clés comme les  PDG de banques, grandes entreprises publiques comme Air Algérie , Algérie Télécom,  Mobilis , Sonelgaz, etc, alors nous allons resté les derniers et sombrer dans les profondeurs de l’océan.

Sans offenser qui que ce soit, le monde a changé, depuis ces 20 dernières années et a viré de 180 degré de cap. Il y’a un monde parallèle au nôtre qui existe et qui va s’agrandir et qui s’appelle « Internet »

Si nous ne sommes pas équipés en personnes diplômées dans le secteur et si nous ne lançons pas le E- gouvernement, E- business, E- administration…etc, nous allons sombrer définitivement dans un retard qui va nous foudroyer. En TIC, nous sommes classés les derniers des derniers en Afrique.

Tenez un autre exemple, l’Algérie ne possède même pas encore de PKI nationale, de certification électronique, un chantier pharaonique qui traîne depuis plus de dix années avec plusieurs avis d’appels d’offres déclarés infructueux, un classique d’incompétence. Il faut que cette saignée cesse et de penser sérieusement à faire appel aux professionnels et sachez qu’il y en a beaucoup en Algérie.

Personnellement je suis devenu littéralement allergique à notre échec et retard dans les TIC.   L’Algérie a besoin de ses jeunes, de son élite, du sang frais, et doit être livrée aux mains de la jeunesse, c’est sans appel.

Je vous donne un exemple concret : le gouvernement doit absolument s’équiper d’un logiciel national, un site avec l’adresse : « Algeria.gov » ou le citoyen algérien et les étrangers en Algérie peuvent avoir accès à tout ce qui concerne les aspects juridiques, immigration, culture, à l’image de la Grande Bretagne.

Regardez les marchés publics, en ces temps du Covid-19, l’espace aérien est fermé et cela bloque les soumissionnaires étrangers. Pourquoi aller déposer de l’argent cash pour retirer le cahier des charges ? Pourquoi aller retirer et déposer des documents physiques etc ? Pourquoi des cérémonies d’ouverture des plus complètement inutiles ? C’est un cauchemar.

Normalement, avec un E Gov, nous allons sur le site web du client en question, nous allons payer les frais du cahier de charges  et nous allons y retirer une copie. Nous allons ensuite déposer une offre via un canal sécurisé crypté, le tout en quelques heures. Fini ces histories ridicules de procurations et de cahier humide, déplacements etc, ces histoires sont révolues.

Autre exemple, en 2020, nous allons à peine commencer à lancer la portabilité du numéro GSM, un aspect technique mineur dépassé et qui était exploité déjà il y’a 20 ans.  Nous sommes très très en retard dans le secteur des TIC, je ne sais pas ce que fait l’État.

Que proposez-vous pour que le développement du paiement électronique et mobile soit accéléré et généralisé dans le tout le pays ?

Je ne vais pas donner trop d’indications, car je suis un expert à qui on fait appel, mais bon, je dirais déjà les banques publiques, il faut fermer 70 % de leur agences sur le territoire national, elles sont trop coûteuses pour rien.

Il faut vite passer au online Banking, ce qui donnera une image plus moderne à notre pays, il s’agit un service plus rapide, efficace et représente une économie énorme en coûts d’exploitation.

En parallèle, il faut revoir le logiciel Core- Banking de ces banques, elles fonctionnent presque toutes avec un logiciel nommé DELTA, produit par une société française dont je ne citerai pas le nom par déontologie.

Il faut dire que ce system nommé DELTA est complètement dépassé, une vielle épave. Il faut vite passer au logiciel Core banking, car il est moderne et adapté au monde de la finance d’aujourd’hui avec qui nous pouvons accompagner les PME et PMI et avoir une pléthore de services sophistiqués et de booster aussi la Finance islamique qui est primordiale, bref, nous sommes loin de cela aujourd’hui.

Les postes d‘emplois de ces agences bancaires seront récupérables en call centres, et autres types d’assistance online,  en chat room, et en centres d’appels. Les employés seront formés pour cela et les Algériens seront mieux traités et le service sera plus rapide, plus efficace et plus adapté au monde d’aujourd’hui.

C’est comme ça que l’Algérien partira vers la banque avec de la stratégie et du savoir faire. En à peine une année, nous pouvons réaliser cela si on nous ils laissent travailler.

Aussi, il faut que l’État donne la possibilité d’ouvrir le secteur du processing centre / switch, une deuxième et voir même une troisième SATIM mais au privé. Il y’a même certaines banques désireuses d’avoir leur propre switch,  cela permettra de créer de la concurrence à la SATIM et par conséquent, la pousser à faire mieux. La SATIM peut améliorer ses capacités et qualité de services pare ce qu’elle dispose de sublimes techniciens chevronnés, mais elle victime d’un top management défaillant et complètement dépassé.

Des nouveaux processing centres / switch vont créer de l’emploi, améliorer les prestations de paiements nationaux et surtout internationaux.  À titre d’exemple, le plus grand switch en Afrique se situe au Caire en Égypte. Il est équipé du logiciel Russe Compass Plus ; il est le plus développé et avancé au monde. Ce switch traite chaque jour des centaines et des centaines de millions de transactions Visa, MasterCard et Amex. Il génère des devises énorme  pour l’Égypte. Qu’attend l’Algérie pour faire pareil ? Il y’a une liste d’investisseurs qui attendent que des portent leur soient ouvertes.

Permettez-moi de mentionner ceci, j’ai dans mon portefeuille plusieurs candidats prêts à venir investir des millions dans ce secteur des TIC, mais l’Algérie ferme  toutes les portes, jusqu’à quand ? Pourquoi ? Que fait l’État ?

Il faut construire et lancer la PKi nationale, gouvernementale et commerciale, cela est extrêmement urgent, car nous sommes en retard sur ce volet.

Aussi, l’État  doit envisager aussi le système de « Gateway international »  permettant de taxer les appels internationaux entrants, et le contrôle facturation des opérateurs mobiles locaux, ce qui permettrait à l’État de récupérer des millions d’euros par an sur les sommes dues à l’État qui ne sont pas reversées par les opérateurs mobiles.

l’État doit  également  laisser faire les experts pour construire une solution de taxation des OTT (WhatsApp, Viber, Skype, etc.) qui sont des concurrents déloyaux et qui font perdre beaucoup d’argent aux opérateurs mobiles présents en Algérie, cela représentera une nouvelle source de financement pour l’État.

Quelle sera l’utilité pour le citoyen et pour l’Algérie l’arrivée d’un quatrième opérateur de téléphonie mobile ?

Une quatrième MNO (opérateur GSM) est inutile, il faut plutôt vite lancer les MVNO (Mobile Virtual Network Operator), sachant que le projet du lancement du premier MVNO en Algérie a été déposé au fond du tiroir. Permettez-moi tout d’abord de définir ce qu’est un  MVNO,  Mobile Virtual Network Operator.

Le MVNO c’est un opérateur de réseau mobile virtuel, également connu sous le sigle MVNO (de l’anglais Mobile Virtual Network Operator), est un opérateur de téléphonie mobile qui, ne possédant pas de concession de spectre de fréquences ni d’infrastructure de réseau radio propres, contracte des accords avec les opérateurs mobiles possédant un réseau mobile (connu sous le sigle MNO, de l’anglais Mobile Network Operator comme Ooredoo , Mobilis et djezzy ) le MVNO  leur achète  un forfait d’utilisation de leur réseau radio et le revendre sous sa propre marque à ses clients.

Les MVNO sont des opérateurs qui sont au même titre que les MNO (opérateurs GSM classiques) et seront agréé par le ministère de la Poste et des Technologies numériques via l’ARPOC, ex ARPT. En Algérie, il ya aura trois MVNO, un pour chaque opérateur.

Le premier succès d’un opérateur MVNO est Virgin Mobile, lancé au Royaume-Uni en 1999, toujours en activité, cependant le leader mondial est le britannique Lycamobile avec 75 % du marché mondial.

L’utilité d’avoir un MVNO en Algérie : Classification et stratégie marketing des MVNO. Parmi les motivations d’un opérateur mobile pour héberger un MVNO sur leur réseau.

Les opérateurs mobiles ne sont pas souvent bien représentés dans tous les segments potentiels de la clientèle. Les MVNOs sont un moyen d’implémenter un mélange de marché spécifique, avec ou sans partenaires qui peuvent permettre d’attaquer des marchés ciblés ou spécifiques.

Les opérateurs mobiles ont des besoins de capacité, de produit, et de nouveaux segments de marché spécialement dans les nouveaux domaines tels que la 4G et bientôt la 5G dont le chantier est en cours de réalisation en Algérie.

Une stratégie de MVNO peut permettre de générer des économies d’échelle, pour utiliser au mieux un réseau téléphonique existant.

Les MVNOs peuvent aider les opérateurs mobiles à conquérir une cible de marché de niche avec des besoins spéciaux, que l’opérateur mobile classique ne peut obtenir. Aussi, les avantages d’un MVNO pour l’État algérien sont multiples car un MVNO permet la réalisation des  éléments suivants :

  • Une Re-dynamisation du marché  par la proposition de nouveaux produits de consommation attractifs aux consommateurs, donc relancer une deuxième phase de croissance de la téléphonie mobile.

  • Création de milliers d’emplois directe et indirect et création de richesse immédiate.

  • Génération de profits en dinar et même en devise via les partenaires étrangers

  • Énormes recettes redondantes pour le trésor public algérien

  • Pousser les opérateurs existants à une concurrences féroce et ainsi dire une chute des prix pour une augmentation drastique du chiffre d’affaires vu la croissance nouvelle d’un marché nouveau.

  • Formation des jeunes

  • Export de l’image de l’Algérie a l’international via les partenariats internationaux avec des acteurs techniques équivalents.

Là encore, nous sommes en retard de dix ans, pire encore, le leader mondial du MVNO est prêt à venir investir des millions de dollars usd en Algérie et s’y implanter, toutefois, les portes sont fermées, aucune possibilité d’accès, vous trouvez çà normale vous ?

Pour finir, j’insiste sur deux points primordiaux, si l’Algérie est appelée à émerger, il y’a deux conditions sine qua non, à savoir :

1- Faire appel aux jeunes

2- Faire appel aux professionnels experts

Sinon, la cessation de paiement sera à notre porte, et là, revenir en arrière ne sera plus possible. L’Algérie appartient à sa jeunesse.