Google a assuré lundi prendre des mesures contre la diffusion de contenus antisémites sur son moteur de recherche en Suède, où gouvernement et médias ont vivement critiqué le géant américain.

Le centre Simon-Wiesenthal, organisation de lutte contre l’antisémitisme et la racisme, a fait savoir qu’il pourrait demander à Google de s’expliquer, et appelé les autorités suédoises à durcir leur arsenal judiciaire contre les discours de haine.

La polémique a surgi lorsqu’il est apparu qu’une simple recherche Google sur l’Holocauste en Suède renvoyait les internautes vers un blog antisémite contenant des informations sur des dizaines de Suédois de confession juive.

Avec leur nom, prénom, photo et activité professionnelle, ils étaient décrits de façon dégradante et menaçante, ont rapporté les médias locaux.

En outre, le site du mouvement néonazi Nordiska motståndsrörelsen (Mouvement de résistance nordique, NMR) apparaissait dans les recherches sous la bannière « A la Une de nordfront.se », comme s’il s’agissait d’un média d’information générale.

« Nous en sommes conscients et nous allons prendre des mesures », a déclaré à l’AFP Farshad Shadloo, porte-parole de Google Suède.

Selon le quotidien de référence Dagens Nyheter, le géant de l’internet a revu ses algorithmes afin de modifier cette recherche d’informations spécifiques.

« Parfois, les résultats de recherche que nous –comme les utilisateurs– trouvons offensants peuvent apparaître. Mais il y a aussi des inquiétudes quant à la suppression de contenu basé sur l’opinion personnelle », a déclaré Google Suède sur Twitter.

« Nous devons, comme tout le monde, respecter la loi », est-il ajouté.  Le Comité suédois contre l’antisémitisme a lui comparé le billet publié sur le blog en question à l’antisémitisme pratiqué durant la Seconde Guerre mondiale.

« Cette liste fait partie d’une vieille tradition classique, selon laquelle les nazis et les antisémites préparent des listes pour que, lorsque le climat politique change, ils sachent qui arrêter, qui déporter, qui tuer », a déclaré son président, Svante Weyler, au quotidien suédois Expressen.

Google, propriétaire de YouTube, a également fait l’objet de critiques pour avoir permis au MNR de partager une vidéo –aujourd’hui inaccessible– sur sa plateforme de vidéos en ligne de l’un de ses membres reconnu coupable d’incitation à la haine contre les minorités, a rapporté Expressen.

« Ils permettent l’accès à des contenus illégaux. Nous ne pouvons l’autoriser », s’est indigné le ministre suédois de la Justice, Morgan Johansson. « Nous garantissons la liberté d’opinion. Mais le nazisme n’est pas une opinion, c’est un crime contre l’humanité », a-t-il ajouté.