Le mouvement « Ibtykar » parie sur le 2.0

Face à l’essoufflement des partis politiques, la défiance vis-à-vis des élus et l’abstentionnisme des jeunes, les outils numériques apparaissent comme un élément de réponse. C’est du moins ce qu’ont indiqué lundi dernier les initiateurs de mouvement citoyen « Ibtykar ».

Petite rétrospective : « Ibtykar » a été créé, y a de cela deux ans. C’est un mouvement citoyen et non politique, comme précise ses fondateurs. Il est collaboratif, participatif et surtout Trans-générationnel. Il s’inscrit, selon ses initiateurs, dans une démarche de rassemblement des forces démocratiques, quelles que soient leurs options politiques. D’ailleurs, le mouvement en question a organisé, hier, une conférence de presse au siège du site électronique d’information Maghreb Émergeant.

Intervenant lors de cette rencontre, Sammy Oussedik, expert financier et fondateur de l’initiative Ibtykar, a d’emblée dressé la situation socio-économique du pays. Il a indiqué que « lors dernières législatives, les algériens ont déserté les urnes et leur sort, social et politique, pourtant, se nouera pour une génération à la prochaine échéance électorale, celle des présidentielles ». Poursuivant son allocution, il soulignera que « le pays met à mal le confort relatif de la vie des citoyens ».

D’autre part, revenant sur « Ibtykar », il dira que « c’est est le fruit d’une longue réflexion menée par ses fondateurs qui partagent un constat sinistre du pays ». Il s’agit en outre, « de la fin du système et d’une offre politique qui ne correspond que partiellement aux attentes et à la demande des citoyens ». Ainsi, le mouvement a pour ambition de redonner espoir aux algériens et plus particulièrement à la jeunesse, en un avenir meilleur. Et cela passe par l’adoption d’outils numériques permettant de se rapprocher du citoyen et favoriser le travail participatif et collaboratif.

Ibtykar mise sur la citoyenneté 2.0

Lui succédant, Amina Afaf Chaieb, membre du conseil stratégique a expliqué en détail l’initiative. Elle dira que « Ibtykar mettra en place une plateforme numérique citoyenne et numérique, et ce, dès le début de l’année 2018 ». Baptisée « Mouwatana. Tech, cette plateforme sera composée de trois applications.

La première sera, selon l’oratrice, Al Marsad, un observatoire pour documenter et suivre des projets publics. La deuxième « appli » s’appellera « Barlamani », qui mettra le citoyen dans la place d’un parlementaire virtuelle pour porter la voix d’autres citoyens. Et enfin, la troisième application, qui est dénommée « Al Chabaka », destinée pour mettre en réseau les intelligences, initiatives et projets des citoyens.

Elle affirmera que « ces applications sont les premières parmi d’autres et qu’elles sont développées par des compétences nationales, pour les algériens, et en relation avec les préoccupations des algériens ». Ainsi, qu’il s’agisse d’expression ou d’initiatives citoyennes, les promesses du numérique sont riches, même si elles n’aboutissent pas toujours. Elles peuvent venir en porte à faux avec les formes classiques de la démocratie représentative ou de l’action publique.